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Sunday, 15 March 2009

Cooper's pit for forcing grapes by dung heat

1 foot in breadth Cooper
McIntosh, Charles, The book of the garden, 1853, p.437

a) doors for introducing the dung
b) the border in which the vines are planted
d - d ) iron joists supporting a covering of slates
e trellis to which the vines are trained

Sunday, 1 March 2009

Les Palmiers et les grandes Plantes Ornamentales de Serre Froide

Les Palmiers Et Les Grandes Plantes Ornamentales De Serre
Froide ;
Par M. De Pl-ydÏ, de Mons (Belgique).
Si l'on remonte, dans l'histoire de l'horticulture moderne, à quelques dizaines d'années en arrière, on remarque que la serre froide était alors presque exclusivement réservée à la floriculture.
Il était à peu pies admis sans conteste que les plantes curieuses, officinales, que toutes celles à formes bizarres ou grandioses et franchement exotiques, devaient se cultiver en serre chaude. On le croyait d'autant plus aisément que la plupart étaient originaires de contrées dont le climat est, en général, fort chaud. S'il s'en rencontrait, dans le nombre, qui fussent provenues de régions plus tempérées, on les classait suivant leurs analogies de forme et de famille, sans tenir compte des circonstances de latitude et d'altitude qui devaient faire modifier cette première appréciation.

Peu à peu, cependant, une circonstance imprévue, un hasard, une heureuse imprudence, plus rarement des notions précises de géographie botanique, dont les cultivateurs s'occupaient trop peu, faisaient sortir quelques-unes de ces plantes de l'atmosphère tor- ride où on les avait détenues, et l'on s'apercevait avec étonnement qu'elles ne s'en portaient pas plus mal; mais que de temps, avant que l'expérience, réitérée dans de bonnes conditions, entrât dans Je domaine des faits acquis! El quand la rusticité de certaines grandes plantes ornementales était enfin établie, quel usage en pouvait-on faire parmi les collections de Pélargoniers, d'Ericacées, de Camellias, etc., où le pittoresque des dispositions et des formes végétales n'était compté pour rien?
Les grandes serres chaudes elles-mêmes, qu'un peu de goût transforme si aisément en des spécimens de forêls vierges, alignaient tristement, pour la plupart, leurs hôtes splendides et faisaient aussi de la floriculture, sans souei de la confusion des geu- res et des grands effets perdus.
Comment s'est opérée la révolution? En quelles circonstances les nobles représentants des forêts équatoriales, les Palmiers, les l'andanées, les Aroïdées, lesMelastomacëes, les Musacées, lesThéo- phrastées, les Fougères arborescentes ont-ils conquis le premier rang dans les serres chaudes, relégué la floriculture dans des serres spéciales et chassé sans appel les vieilleries dénuées d'intérêt? Quand les Yucca, les Agave, les Cactées, les Conifères, ont-ils pris une large place dans les serres froides, au détriment des plantes à fleur*? C'est ce que nous n'avons pis l'intention de rechercher. Constatons seulement que, même dans les serres froides, la place est conquise; que le beau est admis dorénavant partout, sans autre condition que d'être le beau, et que les amateurs se résignent fort aisément à voir leurs serres éternellement parées de nobles et imposants feuillages,'au heu d'attendre, une fois l'an, une floraison incertaine sur des arbustes passablement laids ou insignifiants le «este du temps.
Mais les familles ou les genres que nous venons de nommer.
joints aux ressources bien connues qu'offrent les Protéacées, les Berbéridées, etc., sont-ils les seuls où la serre froide puisse trouver les éléments de ses combinaisons pittoresques? Ces végétaux princiers, les Palmiers surtout, qui caractérisent tout particulièrement la flore des régions équatoriales, sont-ils à jamais et sans exception exclus de son domaine? Pour une serre chaude il y a vingt serres froides, et combien d'amateurs s'arrêtent avec admiration devant telle merveille de la végétation des tropiques, en songeant avec un serrement de cœur qu'il ne leur sera point donné de la posséder !
Peu à peu, les idées se modifient sur cette grave question. Des découvertes encore récentes ont montré des Palmiers, tantôt sous des latitudes imprévues, côte à côte des Acacia et des Epacridées, tantôt à des hauteurs peu éloignées de la région des neiges ! Là, comme ailleurs, la nature a ménagé les transitions en jetant au loin des chaînons qui rattachent entre elles les flores les plus disparates. C'est à nous de les découvrir et de nous les approprier pour en tirer des effets inattendus.
Certaines plantes, placées par la nature aux conQns de la zone inlertropicale et exposées là à des extrêmes de froid et de chaud, ont été pourvues d'un tempérament approprié, peu sensible aux froids de l'hiver, pourvu qu'elles aient été mûries, aoûtées par une haute température d'été. D'autres, même confinées entre les tropiques, n'en sont pas moins douées d'une grande élasticité de constitution qui permet de les cultiver en hiver, presque sans chaleur artificielle. Combien d'arbres des régions chnudes de l'Inde, du Brésil etc., ont passé de la serre chaude dans nos orangeries sans autre dommage que d'y perdre, cinq mois de l'armée, tout ou partie de leurs feuilles !
Quelle est, maintenant, la part que peut revendiquer la serre froide dans l'innombrable variété des plantes ornementales, principalement des Palmiers, des Cycadées, des Fougères arborescentes, des Dracénées et, en général de ces grands végétaux dont la forme n'a point d'analogues dans nos régions septentrionales et dont le seul aspect nous rappelle la zone dquatoriale et ses forets impénétrables ?
Une-sècheénumération d'espèces n'en dirait pas assez. Le nombre

de eelies qui sont incontestablement acquises à la serre froide n'est pas considérable, mais il s'accroît d'année en année. Il reste à faire beaucoup d'importations; nombre de Palmiers très-désirables ne sont connus que des botanistes, ou tout au plus introduits en exemplaires très-rares et de haute valeur. Des découvertes nouvelles sont, d'ailleurs, plus que probables. D'autre part_, des essais nombreux sont nécessaires pour établir le plus ou moins de possibilité d'hiverner en serre froide une foule d'espèces des hautes ou moyennes régions ou de celles qui croissent aux confins de la zone intertropicale. Ces essais sont entourés d'obstacles : la rareté des sujets, d'abord, et leur valeur élevée, ensuite le peu de zèle des amateurs, qui, d'ailleurs, n'ont pas toujours les connaissances et l'esprit d'observation qu'il faudrait. Tentés au hasard, sans discernement, et poursuivis dans de mauvaises conditions, ils peuvent compromettre le progrès.
Il importe donc, d'abord, d'enregistrer les conquêtes réalisées jusqu'à ce jour, ensuite d'étudier ce que nous pouvons raisonnablement attendre ou espérer, eu égard aux notions géographiques et climatériques que nous possédons. Enfin, de ces notions, jointes à l'expérience acquise, nous aurons à déduire un système de culture rationnelle, non point purement spéculatif et conjectural, ruais confirmé déjà par de nombreux et importants succès.
Les plantes de serre froide, celles qui n'exigent de chaleur hivernale que 2 ou 'J degrés au-dessus du point de congélation, se rencontrent, au niveau des mers, presque aussitôt qu'on a franchi les tropiques, mais surtout vers le 30e degré de latitude nord et sud, et jusque vers le 40e ou au delà. Ces limites varient en raison de diverses circonstances.
La végétation de cette zone a des formes qui lui sont propres: les grands végétaux monocotyledonés , avec leur feuillage immense, qui frappent d'étonnement sous l'équateur, lui manquent à peu près complètement. Néanmoins certaines familles essentiellement équatoriales, les Palmiers notamment, y sont représentés par un petit nombre d'espèces, de plus eu plus clair-semées à mesure qu'où s'éloigne du tropique, et de taille généralement très- réduite. Ainsi, dans l'hémisphère nord, le Palmier nain d'Afrique (t'hamœrops Awniiis) se trouve spontané jusque vers le 4Q* degré et résiste sans soins sons le site exceptionnel de Nice ou d'Hyères, vers le 43*. Le Dattier (Phœnix dactylifera), plus méridional, s'étend cependant jusqu'au nord de l'Atlas, sous le 35* degré, et se cultive lant bien que mal h Nice. Un autre Chamœrops, nain comme le premier, croît dans l'Amérique nord jusqu'en Caroline, sous le 35e degré, où il brave les gelées passagères de l'hiver; c'est le Ch. Palmetto. Le Chamœrops ffystrix, plus élevé, se trouve en Géorgie, un peu plus au sud ; enfin le Sabal Adansonii, espèce acaule, à fc.uillage également palmé, est à peu près des mêmes contrées.

Les Chamcerops humilis, Palmetto et surtout Hystrix,soal de très- belles plantes, à frondes palmées, très-Qiïginales, et même les deux premières, qui atteignent, dans nos orangeries, 5 mètres et plus de hauteur, sont alors hautement ornementales. Le Sabal Adansonii ne compense pas son défaut de tige par une sollisante ampleur de feuillage. Tous s'arrangent parfaitement de la serre froide, et les deux premiers, au besoin, de l'orangerie. Le Phœnix dactylifera. est moins rustique et réclame la serre tempérée'.
Le Mexique doit renfermer, dans les forêts sans fin de ses provinces septentrionales, d'autres Palmiers demi-rustiques; mais on sait peu de chose de ces contrées quasi désertes et trop rarement explorées. Nous verrons plus loin quelles ressources nous offrent dès à présent les hauts plateaux de ses provinces intertropicales.
C'est à l'extrême Orient, en Chine et au Japon, que nous retrouvons le genre Chamœrcps, le plus septentrional de tous, aventurant une espèce de taille moyenne et d'un port excellent (Ch. Fortunei ou Ch. sinensis), jusque dans les lieux où il gèle à 10 ou 12 degrés! Celle-ci est tellement rustique qu'où l'essaie en plein air, même en Belgique. Le Ch. exceha, de la Chine et du Japon, est fort voisin du précédent, sinon tout à fait identique. Ou cite encore un Chamœropsân Népaul, non introduit ici.
Le Japon nous offre encore le genre Rhapis, peu élevé, à tiges minces, frondes digitées, port gracieux. Le Ii. flabelliformis passe en serre froide sans être bien rustique. Les Ii. Kwannoivsik et Sierolsik demeurent rares et sont peu éprouvés; mais nul doute qu'ils n'appartiennent à la serre froide.
Le sud de la Chine a donné naissance à un admirable Palmier, le Livistona sinemis, connu aussi sous le nom deLalania borbonica, et qui se retrouve, en effet, à l'île Bourbon. Ce Livistona ne le cède, ni pour la grâce de son port ni pour l'ampleur de ses feuilles en ombrelles, à presque aucun de ses congénères équatoriaux. Il passe parfaitement en serre froide, ne paraît y souffrir nullement de l'hiver, et peut être considéré comme une de nos plus précieuses conquêtes.

Cet exemple nous porte plus que jamais à penser que les contrés juxtatropicales, outre les espèces inconnues que nous réservent le sud de la Chine, le nord de l'Inde, etc., doivent en avoir produit bon nombre, même parmi celles que l'on tient dans nos serres chaudes, qui ne seraient pas plus sensibles au froid que le Latania borbonica. Nous sommes, à cet égard, encore réduits aui conjectures; mais quand on songe que, dans les plaines de l'Inde, il se forme de la glace, la nuit, à fleur du sol; que le morne phénomène ou du moins un extrême abaissement de la température se manifeste dans la région des Palmiers, au Mexique et dans toute l'Amérique intertropicale; quand on lit qu'àlaNouvelle-Hollande, sous le 27e degré sud, c'est-à-dire à la limite delà région chaude, il gèle parfois le matin à 8 ou \ 0 degrés centigrades, tandis que le jour a des chaleurs de + 23 ù ?!j; quand on se représente enfin que ces extrêmes de froid et de chaud sont plus ou moins communs aux contrées limitrophes de la zone tropicale, contrées où les Palmiers croissent encore, quoique en nombre restreint, on ne peut s'empêcher de croire que le plus grand nombre de ces beaux arbres sont bien moins frileux qu'on ne le pense et souffrent plus qu'ils ne profitent d'une continuelle réclusion en serre chaude.
Nous allons, maintenant, nous occuper de l'hémisphère sud. Les îles méridionales de l'océan Pacifique doivent, suivant toute apparence, nous réserver quelques surprises. Sur le continent d'Amérique, le Chili s'offre le premier à notre attention avec souJu- bcea gpectabilis (Cocos ou Molinœa chilensis), distingué, de très- haute taille, à frondes ailées, rustique au point de braver plusieurs degrés de gelée.
Il est à présumer que, sur d'autres points du Chili méridional,on trouverait d'autres Palmiers également peu frileux; mais les renseignements et les expériences manquent. Nous ne sommes pas mieux renseignés sur les espèces propres au Paraguay, au pîateau de Tucoman, à la province de Corrientes et à d'autres da centre tempéré de l'Amérique méridionale; nous les indiquons seulement comme des mines à exploiter. Dans les Pampas, on signale le charmant Cocos australis (Diplothemium campestre), toujours assez rare en Europe. La province brésilienne de Sainte-Catherine, située entre le î6e et le 29e degré, ne promet pas seulement des richesses; nous tenons de l'amitié de M. Linden, parmi d'autres belles espèces, objets de nos essais, un superbe Cocotier de cette province, C'ocos Homanzoffii,qm s'est comporté parfaitement en serre froide.

Le sud de l'Afrique produit beaucoup moins de Palmiers que de Cycadées, famille \oisine dont nous parlerons plus loin. Le beau Pliœnix reclinata, cependant, appartient à l'Afrique australe, et, comme on devait s'y attendre, il passe en serre froide, où il devient éminemment ornemental.
Mentionnons, en passant, \-a pointe sud de la grande île de Madagascar et ses plateaux intérieurs, riches contrées à explorer, et arrivons aux grandes îles de l'Australie anglaise, celle providence des amateurs. Rien d'étonnant que le nord de la Nouvelle-Hollande, qui se présente vers le 12e degré, renferme des Palmiers et toute une végétation analogue à celle des Moluques; mais que des familles propres aux régions équatoriales y soient représ3ntées Lien au sud du tropique par des espèces aussi nombreuses que brillantes ; que, bien plus, ces espèces ou d'autres des mêmes genres se retrouvent encore à Van Diemen et à la Nouvelle Zélande, au delà du 40e degré sud, c'est là une circonstance exceptionnellement heureuse pour l'horticulture et dont on est loin encore d'avoir tiré tout le parti désirable.
Les Palmiers introduits de l'Australie sont principalement : Livistona (Corypha) avstralis, de la Nouvelle-Hollande occidentale, grande espèce à frondes en éventail et à pétioles épineux, tout à fait de premier ordre; son introduction en serre froide ne fait plus de doute; le Livistona humilia, moins brillant,est encore très-digne d'intérêt; Kentia sapida (Areca) de la Nouvelle-Zélande,' le plus rustique de tous, supportant sous son ciel natal la neige et la gelée; acaule, du reste, élégant et ornemental par ses jolies frondes pennées; Kentia robusta (Seafort/lia), même pairie, mais dans de
larges et magnifiques proportions, tige élevée, Ires-beau et rare; Seaforthia elegam, bel arbre à haute tige, affectant, comme les deui précédentes espèces, le faciès du genre tropical Areoa; Seaforthia gracilis, non moins recommaudable et plus raie. Tous sont bien et . dûment acquis à la serre froide.
Jusqu'ici nous avons presque exclusivement énuméré les Palmiers appartenant, par la latitude de leur lieu d'origine, à la zone tempérée. Ce sont, en général, les plus robustes, ceux qui s'accommodent le plus sûrement des froidures prolongées de nos hivers ; maintenant nous avons à rappeler qu'en outre des régions lenipéréesà raison de leur latitude, il y a, enlre les tropiques, sous l'équateur même, des montagnes, de vastes plateaux, tempérés et même froids et très-froids à raison de leur altitude, c'est-à-dire de la hauteur absolue des lieux. On sait que la température moyenne décroît d'un degré centigrade pour environ 180 mètres d'élévation au-deêsus de l'Océan ; si elle est, sous l'équaleur, de 28 degrés au niveau des mers, elle sera de 27° à 4 80 mètres au-dessus, de 18* seulement à 1,800 mètres, et de i I ° et une fraction à 3,000 mètres. Or, jusqu'à 3,000 et 3,bOO mètres d'altitude, on trouve, dans toute la zone équatoriale, des Palmiers qui bravent là un climat rude, à peine tempéré le jour, d'un froid glacial la nuit; à 3,500 mètres commencent les neiges. Le nombre de ces Palmiers de la tem froide n'est pas bien grand, il est vrai; nous sommes loin, d'aih leurs, de les posséder tous ; mais nous avons en outre, au moins comme sujets d'expérience, tous ceux qui atteignent, sans la dépasser, la limite extrême de la région tempérée et qui, exposés à des variations brusques, sous un ciel déjà inclément, doivent être doués d'une constitution des moins frileuses. /
Aucune règle précise ne peut nous guider dans ces recherches. Les espèces qui préfèrent les stations les plus élevées seront probablement de serre froide ; mais à ces hauteurs où la pression atmosphérique est sensiblement diminuée, où l'air est raréfié et d'une grande pureté, où la violence des vents, la non-réverbération des rayons solaires, etc., créent un climat sans analogie possible avec celui de nos serres, il s'élève une végétation d'une constitution toute spéciale et fort difficile souvent à transporter ailleurs. Il faut donc expérimenter et le faire avec intelligence ; quelques témérités même ne seront pas de trop, et les échecs devront être soigneusement notés.

Parmi les Palmiers des hautes régions, qui se sont parfaitement comportés en serre froide, nous devons mentionner avant tout le genreBrahea,dont les frondes palmées, luisantes, onttme grâce infinie.Le Brahea dulcis, des Andes, du Pérou, etc ; le B. conduplicata, qui croit au Mexique, dansles forêts de pins;.le //. nitida des mêmes régions, etc., sont bien des.plantes de serre froide et des meilleures. Nous avons pu, grâce à M. Linden, essayer la dernière avec un plein succès. Nous avons échoué avec VEnttrpe edulis, de la région tempérée, sans que nous paissions affirmer que la mort de cette espèce soit due exclusivement au froid. On comprend que la porte d'une toute jeune plante puisse tenir à quelque imprudence et qu'un échec unique ne soit pas très-concluant.
Après les Brahea, nul Palmier ne nous paraît devoir mieux réussir en serre froide que le magnifique Cercxylonandicola, piaule éminemment robuste, qu'oïl trouve en abondance entre 2,300 et 3,500 mètres d'altitude, sous une température moyenne de 8 à 14 degrés! Il y a d'autres Ceroxylm et des genres voisins qui se prêteraient aux essais, sans la rareté des sujets. Le Chamœdm;ea glaucifolia, jolie espèce, croît dans la région des Pins, probablement vers 2,500 à 3,000 mètres; l'Oreodoxa frigida s'élève jusqu'à 2,800 mètres, où il subit des minima de température de 5 degrés. On peut encore chercher dans les genres Astrocaryum, Chamœdarea, Cocos, Eutcrpe, Geonoma, Oreodoxa, Sabal, etc.
Le versant méridional de l'Himalaya, les montagnes de la Chine méridionale, de Java, de Sumatra, de Bornéo, des Philippines, d.es Moluques, etc., ont certainement de nombreux Palmiers propres à la serre froide; mais nous en possédons très-peu, et les autres sont ou inconnus ou à peine étudiés par les botaniste*. Nous avons déjà mentionné le beau Livislona sinensis; nous voudrions voir essayer aussi le Corypha Gebanga des Moluques. On peut compter sur l'Arecahumilis, croissant à î,700 mètres dans les montagnes de Java, parmi les Chênes; mieux encore sur l'admirable Chamœ- rops Khasyani (tomentosa, Martiana), Tune des plus gracieuses plantes qui existent; celui-ci croît tout au nord de l'Inde, vers le Népaul, à 2,600 mètres d'altitude, sur un sol que la neige couvre quatre ou cinq mois de Tannée! Dans les mêmes régions qjue ce Chamœrops croissent le Phœnix humilis (acaidis), à l'altitude de plus de 2,000 mètres, Phœnix sylvestris, à 4,700 mètres, Walli- chia oblongifotia, espèce acaule, à plus de 1,300 mètres; ce n'est pas trop présumer que de les compter parmi les espèces de serre froide.

Mentionnons encore, mais seulement comme sujets d'études et d'expériences : Borassus flabellitormis, qui s'étend au sud jusqu'au 30e degré; Calamus equestris et Caryota milis,qui passent, dit-on, de rudes hivers en Provence et à Nice, et d'autres espèces des genres Areca, Corypha, Latania, Livistona, Phœnix, Seaforthia et Wallichia; on voit qu'il y a de la marge.
En résumé, 25 Palmiers au moins sont indubitablement acquis à la serre froide; une dizaine d'autres n'attendent que l'épreuve décisive. Quant au reste, le temps et des introductions nouvelles nous réservent des richesses impossibles à prévoir.
Après la grande famille des Palmiers, il nous faut citer celle des Cycadves, moins imposante de taille, mais plus originale encore et d'aussi grande valeur ornementale. Les Cycadées, malheureusement, sont de croissance très-lente; leur lige ne se forme qu'après une longue série d'années, et, pour les avoir dans toute leur majesté, il faut les recevoir du pays natal. Les petits exemplaires sont loin, d'ailleurs, d'être sans mérite; ils ont de la grâce et de l'originalité, et leur valeur s'accroit entre les mains du cultivateur intelligent.
Les genres Zamia et Çeratozamia sont à peu près les seuls de la famille qui ne franchissent pas la zone chaude ou tempérée; dans les Cycas, le circinalis et peut-être les inermis et Rumphii, se refusent à la culture de serre froide; mais le Cycas revoluta da Japon, au contraire, brave le froiJ et même la gelée, aussi bien que le Dioon edule du Mexique, autre fort belle plante, très-digne d'attention. Les Encephalartos et Stangeria du sud de l'Afrique, de forme admirable, ainsi que les Macrozamia, Çeratozamia et Cala- kidozamia d'Australie, tous alliés de près, tous très-distingués, sont très-probablement de serre froide; il est prudent, toutefois, de n'y risquer que des exemplaires de peu de valeur. Les lieux de leur origine, soumis à de fortes chaleurs estivales, ont aussi, en hiver;

des froids vifs mais passagers. Ce ne sera donc pas un abaissement momentané du thermomètre, même jusqu'à zéro, qui leur sera fatal, mais bien la continuité d'une température basse, surtout
avec humidité et sans soleil.
(la suite au prochain numéro.)

Les Palmiers Et Les Grandes Plantes Ornementales De Serre
Froide; ' :l ' ...:/.
Par M. ,de Piitdt, de Mods {[Belgique). 2e article. (Voirie Journal, l. IX, 4863, pp. 687-697).
Les Cycadées ont été considérées, en raison de leur port, mais non de leurs caractères, comme une forme de transition entre les Palmiers et les Fougères. Quoi qu'il en soit, cette dernière famille, l'une des plus considérables, est maintenant fort recherchée, mais surtout pour la serre chaude ou plutôt tempérée. Nous sommes convaincu que les Fougères exigeant impérieusement la serre chaude sont en nombre très-restreint, tandis que la quantité de celles qui se contentent d'une serre froide bien conduite est considérable. Nos renseignements, sur ce point, concordent avec notre expérience.
Nous trouvons, dans le beau mémoire de Maertens et Galeotti ; sur les Fougères du Mexique, que c'est surtout dans la région tempérée et dans la partie de la zone froide qui la suit immédiatement, depuis 3000 jusqu'à 8 à 40 mille pieds (IOOO à 2700 ou 3300 nîèt.) c'est-à-dire jusque sur des sommitésd'un climat constamment: âpre et glacial, que se rencontre l'immense majorité des Fougères mexicaines.

Il n'entre pas dans notre cadre de traiter des Fougères traçantes onjacaules; nous voulons seulement insister sur la très-grande importance des Fougères arborescentes comme plantes d'ornement de serre froide. D'après le mémoire que nous venons de citer, ces Fougères se rencontrent au Mexique entre 1200 et 2000 mètres d'altitude. Vers cette dernière limite commencent les bois de Pins et les Ericacées, c'est-à-dire la région froide, quasi alpine; le climat 7 est déjà sévère; la température moyenne n'y atteint que 45 degrés. Or, pour apprécier l'étendue des conquêtes promises à la serre froide, disons que YAlsophila pruinata (Lophosoria), qu'on range sans hésitation parmi les plantes de serre froide, occupe an Mexique une bande étroite, entre 1100 ou 1200 mètres au minimum et 1350 mètres au plus haut, c'est-à-dire dans la position la plus chaude de la zone des Fougères en arbre.
Ce n'est pas non plus vers l'Equateur que ces magnifiques plantes sont réunies en grand nombre, mais bien vers les tropiques et an- delà. Nous avons sur ce fait le témoignage de notre savant ami M. J. Linden, et en général, de ceux qui, comme lui, ont-beaucoup vu et observé avec intelligence. Les découvertes faites en Australie et surtout à la Nouvelle-Zélande ont étendu bien loin sous le ciel austral la patrie des plus brillantes Fougères arborescentes. Il ne reste aucun doute sur la parfaite rusticité (en serre froide) des admirables espèces australiennes; citons YAlsophila australis, si majestueux et d'une vigueur de végétation incroyable, lorsqu'on lui prodigue (en été du moins) l'eau et la nourriture; Y Al. excelsa, des mêmes régions, moins répandue; le Balantium antarcticum, dont on a des exemplaires à très-hautes tiges bien droites, couronnées de frondes amples et élégantes ; les Dicksonia fibrosa et squarrosa de la Nouvelle-Zélande, très-rares encore et d'une beauté hors ligne; les Cyathea, surtout C. dealbata, si recherchée et si brillante, avec ses grandes frondes à revers blancs, et C. medullaris dont le tronc et les rachis sont revêtus de paillettes noires; puis \eLomaria cycadi- folia, d'une gracieuse originalité; le Lomaria discolor, jolie espèce, enfin les Todea d'un faciès tout particulier, T. australis, T. hyme- nophylloidet à frondes translucides et des plus curieuses. Mention-

nons encore, mais pour mémoire, le gigantesque Angiopteris ausiralis, haute nouveauté de premier ordre, provenant de la Nouvelle-Zélande.
Il faut joindre à ces richesses des îles australes les espèces américaines : Alsophila ornata, de Sainte-Catherine, A. pruinata du Mexique, A. Warsceiciczii, etc., toutes magnifiques et éprouvées en serre froide; A. gigautea, d'Assam, rare et imposante; Cibotium glaucescens, des Philippines; Balaittium Cul ci ta qu'on trouve aussi à Madère; B. JCarstenianum, Sellawianum ; Cyathea Beirichiana du Bsésil austral, peutrètre le C. funebris de la Nouvelle- Calédonie, etc., etc. Les IHechnum corcovadense et riograndense, peu élevés, à feuillage pinnatifide, bien inférieurs aux précédentes espèces, ne sont cependant pas moins de belles plantes qui se mêlent bien aux autres formes, et ne craignent pas le soleil d'été, non plus qu'un froid modéré en hiver. Citons encore l'Hemitelia capensis et d'autres probablement, qui ont leur mérite, et le joli Lomaria mayellanica, à frondes pinnatifides, tout ce qu'il y a de moins frileux. Enfin mentionnons une espèce non arborescente, mais à frondes de dimensions colossales : l'Angiopteris australis, de la Nouvelle-Zélande, nouveauté de premier ordre. Nous avons échoué à peu près complètement dans un essai fait sur le Cibotium Princeps, l'une des Fougères les plus majestueuses, mais originaire de la région chaude.
Il est inutile d'insister sur l'immense valeur de ce contingent de Fougères en arbre, suffisant pour peupler les plus magnifiques serres froides et pour leur imprimer une physionomie de grandeur sauvage impossible à dépasser.
Il nous reste à parler du groupe des Dracœnces, à tiges simples, droites, garnies et couronnées régulièrement de longues feuilles gladiées, rarement pétiolées, et offrant un ensemble à la fois très-élégant et tout à fait exotique. Les premières espèces cultivées l'ont été en serre chaude, d'où quelques-unes sont sorties pour passer en serre froide où elles se comportent bien. Mais l'importance de ce groupe est surtout, pour nous, dans les espèces australiennes. La Nouvelle-Hollande et, particulièrement, la Nouvelle-Zélande, nous ont révélé d'admirables plantes dans les genres Cordyline et Dracœnopsis* Le Cordyline indivùa, la plus remarquable de toutes par la nuance nouvelle de son feuillage ligné d'orange, est malheureusement très-délicat; mais les beaux C. australis et cannœfolia sont à la fois des plantes de choix et des espèces très-robustes. Le flracœnopsis indivisa et ses variétés : lineata, Veitehii, sout du plus beau port et très- rustiques. Citons encore au même rang le Dracœna Banian et la var. erythrorachis. Le contraste de leurs feuilles entières et de leur forme compacte avec les mille découpures de nos Fougères, est d'un effet ravissant dans nos serres. Enfin n'oublions pas nne Pandanée très-remarquable, le Freycinetia Banksii qui vient de nous arriver de la Nouvelle-Zélande.

Nous ne voulons pas pousser plus loin cette revue ; ajoutons cependant qu'en joignant à ces richesses nouvelles celles de premier ordre que nous devons déjà aux genres Agave, Aralia, Banksia, ûonapariea, Beaucarnea, Dryandra, Ficus, Hechtia, la- matia, Grevillea, Mahonia, Protea, Tesludinaria, Xanthorrhaa, Yucca, aux Conifères, aux Cactées, aux grandes Aloinées, etc., nous pouvons composer d'immenses collections de culture facile, exigean t au pi us 3 degrés centi grades au-dessus de zéro en hiver, c'est- à-dire vingt nuits dechauffage, en moyenne, sous le climat de la Belgique, et capables de lutter sans nul désavantage avec tout ce que tes grandes serres chaudes peuvent réunir de raretés équatoriales.
Culture spéciale.
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Les grands végétaux que nous venons de passer en revue ne peuvent, on le conçoit, se cultiver comme les modestes Légumineuses de l'Australie ni comme les Azalea, les Pelargonium, etc. Ici, on vise à obtenir une floraison abondante ; là on a surtout besoin de développer un large feuillage, régulier, exempt de défauts, bien vert. Les grandes Mouocotylédonées ont, la plupart, une croissance rapide, au moins quand elles arrivent à l'âge adulte. Elles émettent de vigoureuses racines qui s'enfoncent profondément. Les Dracœnopsis auslraliselindivisa, par exemple, livrés à la pleine terre du jardin pendant 4 à 5 mois d'été, y acquièrentdes proportions et une ampleur de feuillage que la culture en pots voudrait en vain leur donner. On ne peut traiter de même toutes les
Dracaenées, ni les Palmiers ni les grandes Fougères ; mais c'est une indication utile. Voici ce que l'expérience nous a enseigné quant aux Palmiers, et ces notions sont applicables dans une certaine mesure aux Fougères et à bien d'autres grandes plantes : Lorsqu'ils sont lout petits, c'est-à-dire à leur première année de semis, on les tient dans des pots étroils, en terre de bruyère pure, et on continue à les laisser un peu serrés jusqu'après la seconde année. Quand leurs feuilles, jusque-là simples et dressées, commencent à se diviser et à prendre leurs caractères propres, on leur donne plus d'espace et de nourriture, et s'ils croissent vigoureusement, on peut leur donner deux dépotages, l'un au printemps et l'autre en été. Tant qu'il fait chaud, on ne ménage pas l'eau; en hiver, au contraire, on n'arrose que pour le strict besoin. Quand les plantes, complètement adultes, ont pris toute leur forme et étalent leurs frondes, il est très-souvent bon de mêler''un peu d'argile douce avec la terre de bruyère. ' ' *' ^ '' " %1 '
Les Palmiers aiment une atmosphère humide et l'ombre, mais non l'humidité excessive et stagnante, qui détermine là moisissure et vicie l'air, ni l'ombre épaisse qui, sous prétexte de rompre les rayons du soleil, supprime la lumière. Toutes lès-plantes tropi' cales, sans même en excepter les Orchidées et les Fougères, se plaisent dans une serre bien éclairée, et il importe, en ombrageant, de ne pas dépasser la limite; c'est là un point délicat. Quand les plantes s'étiolent, poussent maigrement et inclinent obstinément leurs feuilles vers la lumière, c'est un indice qu'elles veulent vivre plus à découvert. Si, au contraire, elles jaunissent, ne font que des feuilles trop courtes et rares, il faut essayer de plus d'ombre et de moiteur. Le tempérament des Fougères est fort dissemblable. Quelques-unes croissent naturellement en plein soleil, sur les rochers nus; le plus grand nombre sous l'ombre de forêts épaisses, au bord des ruisseaux ou dans des lieux humides. On ne peut que difficilement être renseigné sur ces circonstances ; mais, en général, les Fougères ont ce grand mérite qu'elles croissent eu terre d'une manière très-normale, sous l'ombre des grandes plantes, et occupent ainsi des emplacements qui, sans elles, demeureraient vides. Cette observation n'est plus exacte quant aux grandes espèces arborescentes qui devront être tenues à découvert, sous un ombrage modéré. On les conservera toujours en terre de bruyère pure, san* mélange d'autre terre.

Les Dracaenées, sauf le Cordylitu; indivita, sont robustes et faciles ; elles supportent le chaud et le froid, l'humidité et la sécheresse, sans grand dommage ; mais pour que le feuillage ait toute sa beauté, il faut les dépoter à propos, les arroser assez largement et leur éviter les coups de soleil dans la serre.
Lorsqu'on dépote les Palmiers et les Dracœna, même déjà forte) on retranche rarement les vieilles racines, à moins qu'elles ne soient mortes ou fort malades ; on le pourrait faire sans grand danger, mais au risque de retarder pour longtemps leur croissance. Au contraire, il est sans inconvénient et presque toujours avantageai, en rempotant les Fougères adultes, de couper toutes les racines enchevêtrées à l'extérieur, et même de rabattre un ou deux pouces de terre tout autour de la motte.
Nous n'insistons pas sur les autres détails de ces cultures bien connues ; ce qui doit nous arrêter davantage, c'est la conduite de la serre où elles se pratiquent.
Il est entendu que nos plantes se conservent bien l'hiver dans une serre tenue à + 3° cent, au minimum. Due bonne partie d'entre elles, toutes celles de la Nouvelle-Zélande, d'autres que non» avons signalées, se contenteraient d'être préservées de la gelée tout au plus; mais le minimum que nous indiquons a le mérite de convenir à un très-grand nouibre d'espèces, de ne point provoquai de végétation intempestive, même chez les plantes de serre froide usuelle qu'on voudrait cultiver simultanément; enfin ces trois degrés de cbaleur sont on ne peut plus faciles à conserver dans une serre bien construite.
La serre devra être bien exposée, et quand, en hiver, le soleil y élèvera la température à 15 ou 20 degrés pour quelques heures, œ sera un bien. En cela, nous nous écartons du traitement ordinaire de la serre froide. On ne prodiguera pas non plus la ventilation, et il sera sage de n'ouvrir les châssis à portée de nos plantes d'ornement que lorsque la température extérieure s'élèvera à 7 ou 8 degrés. On tiendra l'air de la serre un peu moite dans les moments de chaleur, mais sec durant le froid. S'il survenait excès d'humidité et qu'on ne put ventiler, il faudrait faire un peu de feu.

Le soin principal, celui qui distingue notre culture spéciale (les Camellia, et pas mal d'autres plantes s'en accommodent fort bien), doit être de prolonger la bonne saison, celle où la végétation demeure active, aussi longtemps que possible. On commencera de bonne heure, dès septembre et octobre, à fermer la serre la nuit et à l'ouvrir seulement quand la journée sera bonne. On la couvrira dans les nuits froides, et il serait prudent de combattre par un peu de feu les gelées précoces qui viennent parfois, en octobre, interrompre les derniers beaux jours. Ce n'est pas le froid d'une nuit ou deux qui peutnuire à nos plantes, c'est la prolongation pendant quatre et cinq mois d'un repos forcé, compliqué d'humidité et de manque de soleil. C'est pourquoi nous pensons, après expérience, qu'un excès passager de chaleur, dans les journées claires d'hiver, ne peut que les raviver.
A l'appui de ce que nous avançons, nous devons citer cette particularité fort importante que les plantes de la région chaude ou tempérée sur lesquelles nos essais ont échoué, s'étaient fort bien comportées et avaient conservé toutes les apparences de bonne santé jusqu'au commencement de janvier. Ce n'est qu'après deux mois ou deux mois et demi d'un automne froid et brumeux et d'un hiver sans soleil, que le dépérissement a commencé.
Une fois novembre venu avec les brouillards, les froids permanents et la lumière d'hiver, il faut s'y résigner franchement, admettre le repos de la végétation comme règle, ne chauffer que pour maintenir Je minimum de trois degrés, ventiler modérément, arroser peu, ne seringuer point, éviter la moisissure des feuilles et la pourriture des racines comme le danger le plus sérieux de la saison. Avec ces précautions, la végétation demeurera fraîche, et l'aspect de notre serre sera plus satisfaisant que celui de bien des serres chaudes.
Dès le milieu de février, on rentre dans la période végétative ; on ferme la serre quand le soleil luitjon aère seulement en temps un peu tiède ; puis on augmente les arrosements et on recommence à seringuer dès qu'on en voit l'utilité, mais le jour seulement et au soleil d'abord. On ombrage très-légèrement en mars, davantage ensuite pour passer l'été. S'il survient des refroidissements tardifs qui pourraient interrompre la végétation commencée, des couvertures et même un peu de feu la nuit seront opportuns.

Nous voilà arrivés à la saison où l'on retire les plantes delà serre froide ; quelques Dracœna, ceux dont le vent ne détériore pas le feuillage, pourront aller dehors, même en pleine terre, dès les premiers jours de mai. A la rigueur, toutes les plantes dont nous nous occupons y vivraient dès lors, à exposition convenable ; mais il ne suffit pas qu'elles vivent.
Les grandes Fougères en arbre ne peuvent être abandonnées au grand air en aucune saison, non à cause du froid, mais parce que les coups de vent, même modérés, brisent leurs immenses frondes et les dépouillent ainsi de leur magnifique parure. Notre atmosphère d'été est, d'ailleurs, trop sujette aux excès de chaleursèche. Il leur faut donc la serre toute l'année. , , .
Les Palmiers ont les frondes plus coriaces, mais, néanmoins, sujettes à se tordre et à se détériorer au vent. Le soleil les brûle, les pluies froides et prolongées pourrissent les racines et interrompent la végétation ; la pousse se fait irrégulièrement ; elle prend une teinte jaune et un air souffreteux. Laissés au grand air tont l'été, les Palmiers, en général, n'ont pas aoûté leurs frondes nouvelles quand vient l'hiver, et leur feuillage est étriqué, sauf celui de trois ou quatre espèces exceptionnellement rustiques (Chamœ- ropshumilis et sinensis, Jubœa spectabilis). Pour les avoir dans toute leur beauté, on doit aussi leur donner la serre toute l'année.
Quant aux Dracaenées, elles participent de ce tempérament, mais à des degrés fort différents.
En résumé, les Palmiers, les Fougères arborescentes et beaucoup d'autres grandes plantes ornementales de serre froide en hiver, sont de serre tempérée en été. Mais « qu'est-ce qu'une serre froide » que l'on tient fermée pendant l'été, si ce n'est une véritable serre » chaude ou tempérée? » Cette observation, que le savant directeur de la Flore des serres et jardins de l'Europe a publiée à propos des Gesnériacées, trouve ici une nouvelle et plus large implication. Il est indubitable qu'un nombre immense de plantes, et des plus belles, se contenteraient de la serre froide en hiver, à la condition d'obtenir, en été, assez de chaleur pour faire leur pousse et la bien aoùter, à condition de passer l'été en serre tempérée. Voilà tout le secret.
Mais, dira-t-on, vous nous promettiez des plantes deserrefroide! — En quoi donc sommes-nous infidèle à notre programme f Nous avons prétendu mettre les amateurs qui ne disposent qued'uneserre froide, et c'est l'immense majorité, en possession de toute une série de magnifiques plantes ornementales, rivales des plus belles de la serre chaude ou tempérée ; n'avons-nous pas tenu parole? Au lieu de laisser cette serre unique veuve de ses plantes et brûlant sans utilité au soleil depuis mai jusqu'en octobre, nous disons : fermez, ombragez, humidifiez, le tout suivant les besoins, et vous aurez jusqu'en octobre une serre tempérée ou chaude, dont les hôtes modérément frileux, aptes à braver les climats extrêmes, se contenteront ensuite de bien peu en hiver. Si vous voulez, suivant l'excellent conseil de M. Van Houtte, y cultiver les Ac/ùmenes, les Gloxinia et toute la charmante série des Gesnériacées ; si vousvou- lez y joindre des Begmia, des Fougères herbacées, et bien d'autres plantes, vous le pourrez sans grands soins, et à côté des splendeurs de la grande flore équatoriale, ou du moins de ses équivalents, 'vous verrez fleurir à profusion ces plantes riantes et infiniment variées qui sont encore l'ornementa peu près exclusif des serres chaudes.

' Pour finir, disons .qu'en été nos Palmiers et surtout nos Fougères aimeront de bons arrosements et force serin gages, une atmosphère d'autant plus humide qu'il fera plus chaud. La sécheresse de l'air favorise l'éclosion des Thrips, de l'Acarus rouge et d'autres ennemis funestes à nos belles plantes, capables de ravager une serre en quelques semaines, et qui ne tiennent pas dans une atmosphère chargée d'eau. Quand il fait au dehors très-chaud et très-sec, il ne faut ouvrir la serre qu'avec mesure et prodiguer l'eau en bassinages sur et sous les feuilles et sur le sol. Mieux vaut alors ventiler largement la nuit.
Certes il est plus facile d'abandonner ses plantes à l'air libre, au hasard de toutes les variations atmosphériques, sans autre souci que de les arroser, tailler, pincer pendant cinq mois d'été, et de énoncer àcelles qui ne veulent pas vivre de la sorte. Notre dessein était de montrer aux amateurs le moins bien partagés le moyen de rivaliser avec ceux qui ont tous les genres de serres à leur disposition . Qu'ils ne puissent y parvenir sans un surcroît d'embarras, cela ne fait pas question. Une serre chaude est aussi un embarras, et bien autrement sérieux en hiver. Quelles peines d'amateurs demeurent sans compensations? Ou plutôt quelle est la jouissance qui n'a pas besoin d'être achetée par un peu de peine? « Le travail n'est pas la punition de l'homme, c'est sa » récompense. »

Saturday, 28 February 2009

Notes sur les collections botaniques du muséum

ACTES DU CONGRÈS DE BOTANIQUE
tenu a Paris en Aout 1867

Les membres du Congrès [one of which was Welwitsch] ont été reçus au Muséum d'histoire naturelle, le jeudi 22 août, par MM. Brongniart et Decaisne, professeurs-administrateurs, assistés de MM. Tulasne et Naudin, aides-naturalistes. Ils ont pu faire, sous leur savante direction, une revue des diverses collections botaniques du Muséum, assurément remplie d'intérêt, suffisante pour en remporter une impression générale et grandiose, mais insuffisante pour en connaître les richesses et pour savoir quel concours ils pourraient en attendre pour leurs études. C'est dans l'intention de combler cette lacune que le présent rapport a été rédigé, grâce aux notes exactes et actuelles qui ont été obligeamment fournies par MM. Brongniart et Decaisne, ou empruntées à des documents déjà publiés. On s'est flatté de saisir l'occasion de résumer l'histoire et d'indiquer l'état actuel des collections botaniques du Muséum, ce qui n'a jamais été entrepris d'une manière spéciale.

Les collections de plantes vivantes comprennent ainsi : 1° l'École de botanique ; 2° les Écoles des arbres fruitiers et des plantes potagères ou économiques ; 3° les serres ; 4° les pépinières ; 5° le service des graines.

p.244

III. Les serres (Jardinier-chef : M. Houllet) comprennent plusieurs locaux distincts : un grand corps de bâtiment, construit vers 1800, et désigné sous le nom d'Orangerie, cette dernière sous la surveillance de M. Rihoell; deux grands pavillons vitrés du côté du midi, renfermant l'un des plantes de serre tempérée, l'autre des Palmiers ; une serre courbe divisée en deux étages, et une serre chaude partagée en trois compartiments, et renfermant l'aquarium dans celui du milieu ; enfin, plusieurs petites serres de moindre importance consacrées à la multiplication.

Il ne peut entrer dans notre plan d'indiquer le grand nombre de végétaux conservés dans les serres du Muséum ; mais nous ne pouvons nous dispenser de signaler ceux qui sont le plus intéressants par leur développement ou par leur rareté, savoir :

1° Dans le Grand pavillon tempéré :
Livistona australis, Cupania Cunninghami, Chamaerops Griffithiana, Jubaea spectabilis, Cocos australis, Musa Ensete.

2° Dans le Grand pavillon des Palmiers :
Corypha umbraculifera, Astrocaryum Ayri, Livistona sinensis, Thrinax radiata, Martinezia caryotaefolia, Areca Verschaffeltii, Cupania filicifolia, Ravenala madascariensis, Garcinia lancifolia, Crescentia regalis.

3° Serre courbe supérieure :
Une belle collection d'Euphorbes charnus, de Cactée, d'Agave, et surtout un grand nombre d'espèces de Zamia, d'Encephalartos et de Dion, que l'on a pu voir en fleur l'été dernier.

4° Serre courbe inférieure :
Caesalpinia echinata, Cycas circinalis, C. caledonica, C. Riuminiana, C. revoluta, Cocos nucifera, Napoleona imperialis, Mappa Porteana, Curatella imperialis, Latania rubra, Pinanga latisecta, Calophyllum Calaba, Monocera grandiflora, Heritiera macrophylla, Guyacum officinale, Mangifera indica, Dracama marginata, plusieurs espèces de Rhopala, etc.

5° Serre chaude :
Premier compartiment :
Orchidées réunies en collection ; Marantacées, la plus belle collection qui existe, et qui a fourni des matériaux aux travaux de M. A. Gris sur cette famille ; Galactodendron utile, Antiaris toxicaria, Acantholoma spinosum, Ruischia Souroubea, Theophrasta Jussieui, plusieurs espèces nouvelles de Pandanus.

Deuxième compartiment :
Des Aroïdées, des espèces remarquables de Freycinetia, de Carludovica et de Nepenthes, et les plantes qui ornent l'aquarium, Nymphaea, Euryale, Victoria regia, Neptunia natans.

Troisième compartiment :
Fougères exotiques, réunies en nombreuse collection, où l'on remarque l'Angiopteris evecta, des Marattia, des Cyathea, des Alsophila; une très-belle collection de Clusiacées; le Theophrasta macrophylla, etc.

Sunday, 22 February 2009

Hooker on the Palm-house at Kew, 1851

We must now direct attention to some of the numerous objects in the Palm-house, a structure especially intended for the cultivation of the " Princes " of the vegetable kingdom, but by no means wholly confined to them. The Palms constitute, however, a splendid and striking feature of its vast area, and are seen to most advantage from the gallery above. The two loftiest Palms in the House are kinds of Cocoa-nut, of which one (Cocos plumosa) is an old inhabitant of these Gardens, and the other (Cocos coronata) was recently presented by Sir George Staunton, Bart., M. P., having been transported, though of so vast size, by railway, from that gentleman's beautiful seat, Leigh Park, Hants, in a case 42 feet in length. These, as does the common Cocoa-nut (fig. 7.), afford good examples of one numerous group of Palms which have pinnated leaves, or divided like the plume of a feather. The two stoutest Palms in the collection, easily recognized by the thickness of their trunks and the great size of the tubs in which they are placed (each single plant, with its earth and tub, being calculated to weigh 17 tons), are the West Indian or Jamaica Fan-Palms (Sabal umbraculifera), a good example of a second extensive group, having palmate or fan-shaped leaves. The Caryota urens may be mentioned as deviating considerably in its foliage from other Palms: each leaf is very much divided, and the ultimate divisions or leaflets resemble in shape the fin of a fish.

We may further mention in this collection the Date-Palm (Phoenix dactylifera), producing the dates of commerce and of Scripture, and which, together with the Dwarf Palm (Chamaerops humilis), is the most northern of all Palms (the majority being tropical), extending even into the South of Europe; the Palmyra Palm (Borassus flabellliformis), the most difficult of Palms to rear ; the Guinea Oil-Palm (Elaeis Guineensis), which produces the African palm-oil; the well- known Cocoa-Nut (Cocos nucifera) (fig. 7), of which the various ses, of fruit, milk, oil, wine or toddy, wood, fibre, &c., are said to be as numerous as the days in the year; the Cabbage-Palm (Oreodoxa oleracea), which yields the esculent substance, so called, from the crown of its stem ; Seaforthia elegans and Corypha australis from New Holland, and Livistonia Borbonica, Plectocomia elongata from Dr. Wallich, formerly called Zalacca Assamica, which, with its singularly spiny stem (the spines being digitate, united together like the fingers of the hand, or still more resembling the foot of a Mole, admirably formed for strength) and luxuriant foliage, can hardly fail to attract the attention of the passer-by. Its leaves, when full grown, are of vast length, and pinnated like the shaft of a feather, so long, indeed, that they seem, as does the stem, to need support; and nature has provided them with the means, for the rachis, or main stalk of the leaf, at the end, extends into a lengthened slender tail, armed all along with strong deflexed hooks, by means of which, while running up among the stems, and catching hold of the branches of other trees, the foliage and stem are propped. A yet more wonderful provision of nature is observed in the young and yet unfolded leaves of this plant, during the period when they insert themselves upwards among the branches of the forests, for then these spines are directed upwards, and lie flat against the stalk of the leaf; not becoming reflexed till they are needed as a means of support. Of Arecas are the well-known Areca Catechu and Areca sapida;—Arenga saccharifera; — Phoenix sylvestris is the Wild Date of India, which yields palm, wine, and sugar ; — the Ivory-Palm or Vegetable Ivory is the Phytelephas macroxirpa, an inhabitant of the Magdalena, New Grenada, of which the seeds constitute a substance so exactly like ivory, that they have become a considerable article of commerce, and are used for turning into a vast variety of trinkets and other articles resembling ivory; and the Wax Palm (Ceroxylon andicola) (fig. 8.), of the Andes of New Grenada, discovered by Humboldt, of which the full-grown stem is covered with a waxy substance having the same properties as bees' wax ; — and lastly, we may observe that many kinds will be seen to have a coarse fibre separating from the base of the leaves, so strong indeed, that in the Attalea funifera, it forms an extensive article of commerce from Para, Brazil, for the purpose of making brooms and brushes for the machines, as well as others used by hand, employed in sweeping the streets of London and other cities!

Some or other of the Bananas or Plantains may always be seen in this house, in a more or less advanced state of flower or fruit, through the whole year, their ample and delicately green foliage overtopping many of the other plants. The clusters of blossoms form a long pendent spike, and the flowers are of two kinds; those which are situated at the base of the spike being destined to become the cucumber-like fruit, while the others form a slender tail at the extremity, and are covered with concave purple scales, which gradually drop off, and permit the escape of the pollen, or fertilizing dust, which, being conveyed by the wind or by insects to the other blossoms, renders them perfect. The Banana (fig. 9) only differs from the Plantain (fig. 10.) in the form of the fruit: they are, indeed, considered by Humboldt as mere varieties. Both are of inestimable value to the inhabitants of tropical countries in the Old and New Worlds. A single cluster of fruit often weighs 70 or 80 pounds, even when produced in the stoves of this country. Besides being eaten fresh in their native land, bananas are dried as figs, or reduced to a kind of flour or meal by rasping. One kind, the Plantain, is called Musa paradisiaca; the Banana is Musa sapientum. A third and dwarf kind is the Chinese sort, Musa Chinenis, often called M. Cavendishii. The tender and succulent stems are eaten by various domestic animals: the fibre makes excellent cordage and clothing; and the leaves serve for covering houses.

The tall naked-stemmed plants in this House, with a crown of aloe-like leaves, are the Gum-Dragon Tree (Dracena Draco), which yields an astringent resin (called dragon's blood), formerly used in medicine, and now chiefly employed by painters as a red varnish. Lofty as these specimens are, they are pygmies compared with the stature the tree attains in its native island, Teneriffe. " The gigantic tree of Orotava," (fig. 11.) says the enlightened traveller, Humboldt, "measures 45 feet in circumference, a little above the ground." Tradition relates that this particular Dracaena was venerated by the Guanchos (the aborigines of Teneriffe), as was the Elm of Ephesus by the Greeks, and that in A. D. 1400 it was as large and hollow as it is now ! Its growth being extremely slow, we may be sure the Orotava Tree is of incalculable age: doubtless it and the Baobab are the oldest vegetable inhabitants of our planet.

The Papyrus of the Ancients (fig. 12.) is easily recognizable here by its tall reed-like triangular stem, arising from the water of a tub. It is crowned with the copious clustered flower-stalks. The stoutest individuals were selected by the ancients, and from the white pith which fills the interior their paper was prepared. On this it is said that most of the old manuscripts are inscribed, especially those which have been brought to light by the excavations at Herculaneum and Pompeii.

The Sugar-Cane (fig. 13.), which happily can be no longer denounced, with regard to this country, as " The cane whose luscious juice supplies Europe's blood-purchased luxuries,"
distinguishes itself by its very large yet grassy character, long and pale green foliage, and closely jointed stout stem : this latter, contrary to the character of most grasses, is solid (not hollow), and contains the saccharine juice, which is extracted by pressure between heat rolling cylinders. The waste stems, thus squeezed dry, are generally used for fuel to boil the juice, and are found to be so impregnated with a siliceous or flinty substance, that masses of glassy slag are in the course of a short time, deposited in the furnaces and require to be removed.

The Bamboo (fig. 14.), when fully grown, is infinitely more gigantic than its ally the Sugar-Cane, attaining during one season, in its native wilds, a height exceeding 100 feet: its immense hollow stalks are applied to an infinity of domestic and useful purposes.

The Zamias, Cycases, and Encephalartus, at the south end of this House, are worthy of attention. Four of the finest have recently heen presented by Mr. Anderne and Mr. Moxon from the interior of S. Africa. They are inhabitants of hot countries, chiefly in the southern hemisphere; and assuredly, within our days at least, nothing like them has ever been seen growing in temperate climates ; but similar plants are found fossilized in the oolite formation of England, as at Portland Island, proving that in former ages these strange, forms were denizens of this country ! Their pinnated leaves are peculiarly harsh and rigid. The Cycases (fig. 15.) yield a kind of sago in the East Indies. Here are also noble specimens of the curious Elephants Foot ( Testudinaria Elephantipes).

The Calathea (formerly called Maranta) zebrina, or Zebra-Plant, is easily known by its large beautifully striped copious foliage: each leaf is banded with shades of velvety green of different hues, and lined, as it were, beneath with purple. It is only by putting some of the leaves a little on one side that the clusters of purple flowers can be perceived. Here are seen two kinds of Strelitzia, one is Strelitzia Regina (see p. 9.) 4-5 feet high, showing its truly royal blossoms in winter and early spring, the other is the stately S. augusta, with the most ample leaf-blade of any plant in the House.

Good plants of the Papaw (fig. 16.) and others of the Chocolate Tree are placed in this Tropical House. The juice of the former is employed in the East and West Indies for rendering tough meat tender; and, having this property, it is, of course, much prized by good housewives in climates where it is necessary to cook all animal food on the day when it is killed. From the seeds of the Chocolate Tree, as may be inferred from its name, is produced that " drink of the Gods," and also Cocoa (a very different thing from the Cocoa-Nut Palm, and a corruption of the Indian
name Cacao, whence the botanical name, Theobroma Cacao) (fig. 17.)

Of Euphorbias and Cactuses only those few are placed here which are too large to be accommodated in the stoves more peculiarly devoted to succulent plants. Euphorbia splendens and E. Bojeri are conspicuous for their scarlet flowers and thorny stems; E. grandidens for its lofty stout trunk, twelve or fourteen feet high, and sending out spreading whorled branches like a candelabrum. The slightest incision in the bark causes a great quantity of milky juice to flow, which, being of a highly acrid and enomous nature, is employed by the native Africans for poisoning their arrows and assagays. The juice of other allied species is used in various countries for intoxicating fish : a destructive mode of procuring the finny tribe practised in Ireland by poachers in the Shannon. The efficacy of E. helioscopia (War (wort) in removing warts is well known in England.

Among other valuable trees in this house may be noticed the Bread-Fruit of the Pacific Isles (fig. 18.) (Artocarpus incisa),— " That tree which in unfailing stores The staff of life spontaneous pours, And to those southern islands yields The produce of our labour'd fields;"—
the Mango Tree (fig. 19-) (Mangifera Indica) now annually yielding its rare and delicious fruit; the Silk-Cotton Tree (Bombax pentandra); the Longan (Nephelium Longari) ; the rapid-growing and thorny-stemmed Ceiba (Bombax Ceiba). Here are the Coffee-Tree (Coffea Arabica) (fig. 20.), seen in one place growing from the crevices of the bare tufa rock of Bermuda, as obligingly sent by His Excellency Governor Reid; the Pepper-Plant of our tables (Piper nigrum) (fig. 21.) ; and many other species of that genus; the Tanghin (fig. 22.), or Poison-Tree of Madagascar (Tanghinia veneniflua*), [* For a coloured representation of this tree, and many particulars of its use in the native the intelligent Missionaries, see " Botanical Magazine," tab. 2968, vol. iii. p. 275. tab. 110.] rendered infinitely more fatal than the Upas by the execrable laws of the Malagassy kingdom ; the Manihot (Jatropha Manihot) (fig. 23.), a most virulent poison, but whose roots (their deadly juices being removed by pressure or dissipated by heat) are made into the well-known Cassava Bread of the West Indies, and into as great a variety of wholesome food as can be obtained from wheat; the Patchouli or Pucha-pat of India (Pogostemon Patchouli), the most esteemed perfume of the present day; the Cinnamon (Laurus Cinnamomum) (fig. 24.), whose bark constitutes the valuable spice so named; and the Bastard Cinnamon (Laurus Cassia), of which the bark is said to be often substituted for that of true Cinnamon. Among the numerous kinds of Figs there will be found here, at the north entrance, young plants of the Banyan (Ficus Indica), one of the most celebrated trees in tropical India, for the immense stretch of its limbs (fig. 25.) and the singular mode provided by nature for their support: — " Spreading so broad and long, that in the ground The bended twigs take root, and daughters grow About their mother-tree, a pillar'd shade High overarch'd, and echoing walks between."— These roots or props occupy such a space of ground, that one, growing on the banks of the Nerbuddah, covers an almost incredible area, of which the circumference now remaining (for much has been swept away by the floods of that river) is nearly 2000 feet. The overhanging branches, which have not yet thrown down their props or supports, stretch over a much larger space : 320 main trunks may be counted, while the smaller ones exceed 3000, and each of them is continually sending forth branches and pendent roots to form other trunks, and become the parents of future progeny. The whole (according to Forbes's " Oriental Memoirs," from which I quote) has been known to shelter 7000 men beneath its wide-spread shade. Our young plant of course can give no idea of this singular mode of growth ; indeed it is evident that a well-grown tree of this would alone fill the entire Palm-Stove of the Garden. — The Pepul Tree (Ficus religiosa), from the same country, is remarkable for the tail-like points to the extremities of the leaves; and these leaves abound so much in closely reticulated tenacious fibre, that the Chinese, by macerating them and removing the pulpy or parenchymatous substance, produce a kind of paper, which, when varnished, is capable of receiving the most beautiful drawings of birds, beasts, insects, flowers, &c. Such leaves, with the drawings, are commonly brought to this country from China, and are easily known to belong to this tree by their heart-shaped outline and the long tail-like point. Another kind of Fig in this collection must be here alluded to, for it illustrates a plant of Scripture, Sycamine-Tree, or Sycomore of Palestine (fig. 26.), the tree into which Zaccheus climbed (Ficus Sycomorus): this is the true and original Sycomore, its name being derived from [greek script], a fig, and [greek script], a mulberry, meaning a fig, whose leaves resemble those the mulberry. " I was no prophet, neither a prophet's son, but," says Amos, " I was herdsman and a gatherer of Sycomore fruit from which, and from other passages in Scripture, it may be inferred that this tree was very great importance among the Jews, though its fruit is extremely inferior to that of the true Fig (Ficus Carica), which two are the only eatable ones of 200 known species. The wood is said to be indestructible and is therefore used for Egyptian mummy-cases. A fourth species of Fig-tree, the Ficus elastica, of which our plant is lofty, large dark green glossy foliage, affords in its milky juice the Caoutchouc of the East Indies. A fine specimen of a Mexican Plant inhabits also this House, with leaves resembling those of a Plane-tree viz. the Hand-Plant of the Aborigines (Cheirostemon platanoides) (fig. 27.), of which stamens, resembling the fingers of the human hand, probably recommended this curious plant as an object of worship. At the period of Humboldt's visit, the only tree then known in Mexico was held sacred.

But we must proceed; and as space not permit the mention of a tithe of interesting plants in this stove, we must content ourselves with saying that here may be examined, flowering at some period or other of the year, a great variety of tropical shrubs and trees; and here the feathery foliage of the Tamarind (Tamarindus officinalis), whose preserved fruit is an extensive article of commerce; the Cotton (Gossypium herbaceum) (fig. 29.) the seeds of which are surrounded by that beautiful filamentous substance, and whose flowers resemble those of an Hibiscus; Indigo (Indigofera Indica) (fig. 29.) the leaves yield the rich dye so called; the great flowers of the Aristolochia Gigas, so large indeed, that the children in South America, according to Humboldt, wear them as hats, and their shape is that of a helmet; the latter, with many other climbing plants, entwines the pillars that support the roof on the staircase leading to the gallery. The well-known Humble-Plant is in this and other houses, Mimosa pudica (often, though incorrectly, called the Sensitive plant, which is Mimosa sensitiva) :

" Weak with nice sense the chaste Mimosa stands,
From each rude touch withdraws her timid hands;
Oft as light clouds o'erpass the summer glade,
Alarm'd, she trembles at the moving shade,
And feels, alive through all her tender form,
The whisper'd murmurs of the gathering storm,
Shuts her sweet eyelids to approaching night,
And hails with freshen'd charms the rising light."

The best way to exhibit the sensitive properties, so called, of the leaves, is to cut off suddenly and cautiously the tip of one of the terminal leaflets when all the other leaflets on that stalk will close, a pair at a time, from above downwards ; thence the impulse is continued to the adjoining stalks and to the leaflets from below upwards; and then the whole leaf will fall. In a rather shady spot near this staircase, seen to great advantage from the stair-case, are now placed the largest of our Tree-ferns. Their size and beauty cannot fail to attract attention, for they are, perhaps without exception, the most graceful of vegetable forms, and the finest of their kind in Europe.

Lastly, we shall only mention in this stove the numerous climbers planted in the ground at the base of the pillars and of the stair-case, such as Convolvuluses, Passion-flowers, Aristolochias, Bauhinias, Telfairia, Poivrea, &c., all remarkable for the beauty of their foliage or flowers, and sometimes of both.

Impossible as it would be to record, in this brief Guide-book, the numerous donors of rare exotics to this Establishment, it is only our duty to state that, of the kinds from the East Indies, in the Palm as well as in other tropical Houses, by far the greater number were sent from the Honourable the E. I. Company's Botanic Garden at Calcutta, by the late distinguished superintendent, our valued friend Dr. Wallich. The Books of that garden, as proved by a Report now before us, printed at Calcutta in 1840, show that, in the five previous years alone, 9 Cases, with 229 plants* of the rarest and most valuable description, were transmitted here; and between 1840 and 1845, the period of that gentleman's retirement from his arduous duties, our own Books testify to the arrival of 13 Cases containing 275 plants !

* The same Report further states, that during the same period there were 2107 applicants for plants to the Calcutta Garden, from different parts of the world, who were supplied to the enormous extent of 189,932 individual plants. It is to be regretted that this document, printed at Calcutta, has not been more generally circulated, for it affords valuable information, relative to the introduction as well as distribution of a great number of rare and useful plants, during a small portion only of that gentleman's able directorship.

Crystal Palaces


Saturday, 17 January 2009

Winter Gardens



William Robinson, before he became the prophet of Wild Gardening, wrote several books influenced by his visit to Paris in 1867 that championed the use of sub-tropical plants. Robinson urged the "picturesque" arrangement of plants in conservatories, much in the way that he was later to advocate natural gardening. The Parks and Gardens of Paris is the most substantial of these works, and contains much that Robinson learnt from his acquaintance with Edouard André, gardener to the City of Paris.

"In England, where amateur gardening is so highly developed, and where more attention is concentrated upon the beauty of individual plants than upon general effect, next to nothing has been done towards a picturesque style in conservatories ... it is surprising that in planting the glass palaces of the rich, such as we find at Sion House, or spacious Palm-houses, like that of Kew, so little regard has been paid to general effect. The cause is simply this, that cultivation has alone been considered in England and in most European countries, and the knowledge of plants has hitherto been limited to experimental culture. Gardeners have ignored the teachings of plant-distribution. Information on this subject can usually only be gained by studying the narratives of travellers, and these unfortunately, are often incomplete and uninstructive on this point."